La Ligue Elite et les championnats français ont pendant des années été terre d’accueil pour de nombreux joueurs internationaux, venu chercher une gloire éphémère, mais aussi pour goûter la vie à la française. L’inverse est bien moins vrai, mais depuis quelques années, on voit quelques uns de nos frenchies tenter leur chance à l’étranger. 

 

Après Maxime Langlois, Marius Godano, et Jimmy Fort en Espagne, cette année Alexandre Gaboriau et Sébastien Duchemin ont fait le choix de tenter l’aventure en Italie. Alors que l’Equipe de France sénior homme entame son premier stage de préparation de la saison, il est venu le moment de faire un point sur ce voyage pour ces deux-là.

 

Alexandre Gaboriau a évolué toute sa vie pour les Hawks d’Angers, champion du monde junior 2014, il a aussi eu la chance de porter le maillot de l’Equipe de France en sénior lors des mondiaux 2018. De son côté, Sébastien Duchemin a été formé chez les Roller Bugs de Saint-Médard et évoluer dernièrement en France en Nationale 1. Il a été membre de l’Equipe de France U19 2019 lors des World Roller Games 2019 ainsi que des Bleuets U18 lors des championnats d’Europe 2019.

Les deux français sont partis rejoindre ensemble les Warriors de Ferrare. (La ville de Ferrare se trouve entre Venise et Bologne, ndlr)

Leur arrivée en Italie est loin d’une coïncidence. Les deux joueurs ont fait partie d’une petite team d’été pour participer à un tournoi qui se jouait à Rome l’été dernier. À la suite de ce passage vacancier, les choses sérieuses ont commencé, nous raconte Sébastien:

« Alors pour commencer, j’ai eu cette opportunité après avoir fait un tournoi à Rome avec Alex, on a eu une proposition donc on en a beaucoup parlé cet été ensemble et on a décidé d’y aller parce que le projet nous intéressait vraiment.« 

Toute expérience à l’étranger est bonne à prendre pour s’imprégner d’une culture et on peut se poser la question de la vie italienne et l’intégration dans l’équipe?

« Là où on est, c’est super bien. La ville est ni trop petite, ni trop grande et ça ressemble un peu à Angers. Ça ne me dépayse pas trop, nous raconte Alexandre. Au sein du club on a été super bien accueilli, les gars de l’équipe sont super et on s’est vite senti intégré. On s’occupe vraiment bien de nous et ils sont aux petits soins pour Seb et moi. »

Commentaire réitéré par Sébastien, « On nous a bien accueillis et on s’est vite bien intégré dans l’équipe, on a un bon groupe avec une bonne ambiance et la vie italienne est plutôt sympa. »

 

Quelle différence avec le jeu français?

Formé à Saint Médard, Sebastien a évolué jusqu’à son intégration dans l’effectif de la Nationale 1. Dans sa première saison en sénior, et ce, malgré l’interruption Covid, il a réussi à inscrire un impressionnant 19 points pour 14 matchs dont 11 buts. En Italie, il compte pour le moment 13 points en 13 matchs. 

« Pour ce qui est du niveau du championnat, je dirais qu’il est très hétérogène, on y retrouve des très bonnes équipes et d’autres un peu moins, mais globalement le championnat est assez relevé. Je trouve le jeu assez physique ici, on y retrouve des systèmes qu’on peut voir en France et j’en découvre de nouveaux aussi.« 

Une opinion légèrement différente pour son aîné:

« C’est vraiment différent de la Ligue Elite, le jeu est plus agressif et plus rude dans les coins. Les systèmes collectifs sont beaucoup moins présent comparés à la France. Le jeu est plus basé sur les actions individuelles et les belles actions. Les joueurs prennent vraiment beaucoup de tirs. Ça tire vraiment beaucoup. Alors qu’en France, le jeu est plus basé sur des sorties de zones propres et de distribuer vite. » Avant de rajouter qu’un autre élément change beaucoup la donne. « L’autre différence, c’est l’arbitrage. Les arbitres italiens laissent beaucoup plus jouer et ça nous met dans des conditions type championnat du monde. » 

Formé par de grands joueurs des Hawks d’Angers et du roller hockey français, et de par son palmarès, Alexandre fait figure de vétéran en arrivant en Italie. La preuve sont les statistiques qu’il accumule dans le championnat italien. À l’heure d’écrire ces lignes, Alexandre pointe au 10e rang des pointeurs avec un total de 22 points en 12 matchs et aussi 3e pointeur international derrière Martin Fiala et Nathan Sigmund. Pour Sébastien, c’est un atout, « Avec Alex on s’entend hyper bien, il est là pour moi et il a un peu ce rôle de grand frère puisqu’il veut toujours me pousser vers le haut. Il vient vers moi pour me donner des conseils ou me féliciter. J’apprends beaucoup avec lui parce qu’il a de l’expérience et connaît bien le haut niveau. Sur le terrain aussi, ça marche super, on joue souvent ensemble et on se trouve souvent c’est sûrement la french connexion !« 

 

Quel apport?

Le championnat italien est relevé, un atout supplémentaire dans la progression de Sébastien:

« Je pense pour ma part que cette expérience est que bénéfique pour moi, j’ai la chance de jouer avec et contre d’excellents joueurs. J’apprends beaucoup dans l’équipe parce que je suis le plus jeune, on a une très bonne équipe, on me conseille souvent et j’observe les autres. J’ai passé un cap en venant ici puisque je jouais en N1 l’année dernière et je sens que je progresse, mais j’ai encore beaucoup à apprendre. Ça me motive à travailler plus.« 

Alexandre y voit une expérience qui lui permet de réaliser un rêve et de mieux comprendre ce que peuvent vivre les étrangers venant jouer en France, « Sur le plan joueur, ça permet de se rendre compte de ce que vivent les joueurs professionnels. Avec beaucoup d’entraînements et plusieurs matchs par semaines, cela me permet de vivre pleinement de ma passion.« .

L’angevin garde les pieds sur terre et réalise que c’est une expérience éphémère: « Après bien sûr que je me sentirais de rester pendant plusieurs années, le club et mes coéquipiers m’ont très bien accueilli, mais d’un point de vue, vie personnelle, je ne pense pas que ce soit forcément la meilleure des choses. Le Roller hockey est encore un sport jeune dans chaque pays, et tu ne peux pas en vivre pleinement pendant toute une carrière pour l’instant. Donc c’est cool, tu voyages, visites d’autres pays et villes, tu découvres de nouvelles langues, mais je pense que ça a ses limites malheureusement. »

 

Alexandre sera ce week-end à Voiron pour revoir ses compatriotes dans le cadre du stage de l’Equipe de France.

 

En Espagne

En Espagne, Marius Godano a passé un cap. 3e meilleur pointeur du championnat avec 20 points en 9 matchs, le tourangeau mène pour le moment son équipe à une 3e place au championnat. 

 

© crédit photo: Warriors Ferrara