« Je vais me battre pour aller décrocher mon rêve, la médaille d’or mondiale ! »

(Marine Lefeuvre)

C’est le couple phare du roller de vitesse français, voire même mondial. Marine Lefeuvre et Martin Ferrié, tous les deux licenciés à l’ASTA de Nantes, ne cessent de gravir les échelons et de repousser leurs limites. Marine, notamment championne d’Europe du marathon, et Martin, champion du monde de la même distance, ont déjà un palmarès long comme le bras. Mais ils visent toujours plus haut. Ils se livrent dans cette interview croisée. 

 

Bonjour Marine et Martin. Félicitation(s) pour votre début de saison en trombe !

Martin : Bonjour, merci beaucoup. Ces derniers mois n’ont pas été de tout repos pour ma part : entre les chutes à répétion qui m’ont un peu amochées (trauma crânien, côtes cassés, points de suture, etc.), un accident de voiture cinq semaines avant les Jeux Mondiaux de Birmingham (Etats-Unis)… Cela fait beaucoup de chamboulements pour la préparation du coup. En termes de résultats sur le début de saison, ce fut très correct avec une deuxième place au semi-marathon de Berlin. Après, à cause de ma chute, je n’ai fait que courir après le temps. Donc il a fallu faire des choix sur des week-ends (en termes de performance). Résultat : beaucoup de deuxièmes places sur les marathons, pas de victoire, mais c’était des étapes de mon retour. Sur quatre courses de fond aux championnats de France route (à Alençon) et piste (à Saint-Pierre-lès-Elbeuf), je gagne trois titres, donc c’est plus que
satisfaisant. Et enfin, les Jeux Mondiaux étaient l’objectif de cette première partie de saison : je reviens avec deux médailles d’argent (derrière Bart Swings). Je suis forcément content… Et déçu à la fois, car je visais l’or. Mais je suis tombé sur meilleur que moi cette semaine-là. Je reviendrai plus fort sur la prochaine édition !

 

Marine : Bonjour, Merci beaucoup ! J’ai bénéficié d’une préparation qui s’est passée comme sur des roulettes pour ma part, avec des entrainements sur l’île de La Réunion au sein du club du Roller Sports Dionysien qui nous a accueilli d’une façon incroyable. J’ai eu pas mal de moments de doute durant cet hiver puisque je me suis retrouvée un peu seule aux entrainements, et j’avais du mal à me jauger : c’était assez dur mentalement. Cependant, les doutes sont partis puisque j’ai pu vivre une première partie de saison assez incroyable. J’ai enchaîné pas mal de victoires, en Coupe d’Europe à Lagos, aux 3 Pistes, au marathon du Lugdunum Roller Contest (CFMR) ou encore à Rennes sur Roulettes (WIC et CFMR). Vient alors le championnat de France route d’Alençon où j’obtiens deux médailles d’or. Et c’est grâce à ce début de saison que je gagne ma sélection pour participer aux World Games à Birmingham aux Etats-Unis. Malheureusement, le lendemain de la sélection, nous avons eu un accident de voiture, ce qui m’a causé une déchirure au mollet et trois semaines sans
roller avant de partir. Il a fallu que je m’adapte et que je garde le moral pour aller affronter les meilleures patineuses du monde. Je suis très fière de ramener trois médailles pour la délégation française et surtout d’avoir représenté le roller de vitesse !

 

Le championnat d’Europe de L’Aquila va arriver vite maintenant. Comment l’abordez-vous ?

Martin : Personnellement, le but va être de revenir avec un titre. Ce n’est un secret pour personne, j’adore la victoire et c’est ce qui me fait aimer la compétition. Et puis, cette année, il va y avoir un plateau très relevé, donc ça va être intéressant de se jauger avec les meilleurs mondiaux et de réajuster certains points à deux mois des championnats du monde qui vont avoir lieu en Argentine. Collectivement, il va être intéressant de viser la première place au niveau des médailles !

 

Marine : Ça va être une bonne semaine de confrontation avec les patineuses européennes. L’année dernière, les Séniors femmes nous avions ramené huit titres sur onze courses. On va tout faire pour égaler ces résultats, ou pourquoi pas viser encore plus haut ! Pour ma part, dès que l’occasion se présentera, je saisirai ma chance d’aller chercher l’or une fois de plus.

 

 

 

« On a deux forts tempéraments »

(Martin Ferrié)

Au quotidien, vous parvenez à vous motiver et vous tirer vers le haut l’un et l’autre. Quelle est la recette ?

Martin : On a deux très forts tempéraments, ce qui anime le quotidien et donc notre routine ! Quand il y en a un des deux qui est moins motivé, on le tire pour aller chercher les petits détails à chaque moment !

 

Marine : C’est vrai que l’on a de la chance de se suivre partout. C’est évidemment un plus. Moi je suis la force tranquille, Martin c’est la tempête (haha). Il y a la compétition avec les adversaires, mais il y a aussi une compétition entre nous : on aime se taquiner et voir à la fin du weekend qui a battu l’autre dans les résultats. Ca rajoute du piment et surtout ça nous pousse à nous dépasser encore plus ! Et lorsque l’on réussit tous les deux, ça ne peut que procurer des émotions gravées à vie.

 

La particularité de cette saison, c’est qu’elle va s’étirer en longueur, avec un championnat du monde à l’automne. Comment gère-t-on cela ?

Martin : Avec mon entraineur Arnaud Gicquel, on partage la même vision de l’entrainement. Je pense que c’est difficile d’avoir plusieurs pics de forme à 100%, voire à 105%, ce qui fais une énorme différence sur une semaine de championnat ou tout le monde est à son top. Il faut donc accepter d’être « moins performant » sur certains moments. Mais bien sûr, il faut quand même faire des résultats. On commence à s’habituer à avoir des saisons longues : il faut rester focus sur son objectif et tout se passe bien ! L’objectif est de revenir avec le maillot arc-en-ciel en fin d’année. Mais avant ça, il faudra faire tout ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif !

 

Marine : Comment gère-t-on cela ? J’ai envie de dire merci à mon entraîneur Arnaud Gicquel ! On doit faire des choix dans une saison et lorsque l’on vise les championnats du monde, il est évident que notre pic de forme doit se faire à ce moment-là. Je fais confiance à mon entraîneur et je sais qu’il me préparera au mieux pour cet objectif principal. C’est à moi de faire le boulot après. Ce n’est pas difficile pour moi de rester motivée et concentrée puisque j’aime mon sport et jusqu’à présent, je ne m’en suis jamais lassée. Je suis très reconnaissante d’être là où je suis. Chaque championnat du monde est une expérience unique : il faut le vivre comme si c’était le dernier. L’année passée, j’en ressors avec trois médailles, mais de bronze. Evidemment, ce que recherchent tous les patineurs, c’est l’or. Je vais donc me battre pour aller pourquoi pas décrocher mon rêve, la médaille d’or !

 

Merci à tous les deux et bonne chance pour la suite de la saison : nous croisons les doigts pour vous !

Vincent Esnault