Pour donner un cadre personnel de cette compétition, j’y suis allé après une grosse année de changements personnels sur tous les plans de ma vie juste après les World games en Chine. Je suis passé du tout au tout en faisant le grand pas dans la vie active. Nouveau travail, nouveau train de vie. J’ai donc perdu beaucoup de mes repères qui ont fait que je n’ai chaussé les patins que 5 ou 6 fois depuis décembre 2017.

Vendredi : Freeride

Le tracé de teolo n’étant pas spécifiquement effrayant ou très rapide. Les repères des deux années précédentes sont vites revenus. Une chaleur écrasante, un goudron brûlant mais rien n’avait changé mise à part l’intérieur d’un virage assez usé par rapport aux autres années. Ça a donc été une longue et chaude journée avec environ 12 ou 13 descentes effectuées.
On a pu observer une équipe Italienne très soudée et très encadrée au milieu de beaucoup d’individualités de chaque nation. Cette année, je ne me faisais pas d’illusion sur le résultat. Je savais que je partais avec un certain ascendant psychologique après mes deux secondes places au chrono de ces 2 dernières années mais qu’en contrepartie les riders montants de l’équipe Italienne Renato Pennuti, Augustin Tuttseto et Tiziano Ferrari s’étaient durement entraînés. Comme chaque année, le Suisse Christian Montavon est et restera un concurrent de taille, au chrono mais aussi et surtout au boarder.

Samedi : Chrono

Nouvelle journée, nouvelles roues. La matinée se passe bien, quelques courbatures de la veille dans les jambes mais l’adrénaline fait oublier le tout. Le stress du jour de la course est bien là et la chaleur aussi pour s’assurer de nous rappeler que l’on joue chez les Italiens cette année.

Le déroulement se fait en deux parties : une première partie qualification où il faut se positionner dans les 35 meilleurs temps avec 2 manches et une deuxième partie championnat du monde pour les 35 qualifiés.

1er run

Un seul objectif pour moi, prendre mes marques dans la partie chaude du circuit qui est une enfilade en bas du schuss de départ. Je pars à 70%, ni trop fort, ni relâché. Juste de quoi me positionner pour passer cette enfilade rapidement. Une fois passé, je tiens le rythme jusqu’en bas et signe le 2ème meilleur temps de la première manche de qualification.

2e run

Sûr d’être qualifié, c’est un 2ème run qui me permet de préparer mes roues pour le 3ème et dernier run qui est le plus important. Je descend donc très lentement pour enlever le vernis de mes roues de mon pied qui dérape pour freiner.

3e run ( championnat du monde )

Beaucoup d’attente, près de 5h pour effectuer ces 3 runs, environ 18h30/19h. L’ombre de la colline couvre la route, tout le monde le sait. C’est un changement radical de comportement des roues lorsque le bitume est moins chaud. Autre facteur à prendre en compte : le vent s’est couché, on prendra donc plus de vitesse dans le schuss et plus d’accroche dans les courbes.
Je m’élance pour mon run, pas au top de mes sensations de poussées sur le départ mais je sens une bonne prise de vitesse. Première enfilade passée en utilisant uniquement l’appui de l’air en me relevant pour me ralentir avant de plonger dedans. Premier soulagement, je passe assez fort pour ne pas me mettre trop en retard sur les chronos de tête. C’est lors de l’enchaînement des 7 épingles que je vois mes erreurs. Trop appuyé en sortie d’épingle, mes roues glissent un petit peu à 3 reprises… C’est donc à la sortie de la dernière courbe que je dois relancer le plus fort possible pour m’assurer un bon chrono. Je fini ma descente avec une double sensation. La satisfaction d’avoir fait un run correct mais l’amertume de constater ces quelques détails qui peuvent coûter une 1ère place en championnat du monde lorsqu’on est sur des routes italiennes.
C’est avec un temps en 1’51.1 et la satisfaction de signer un aussi bon temps sans réel regret d’être sur la 3e place que ce fini les chronos.

Je termine alors cette journée très satisfait. La soirée se clôture avec les podiums entouré des amis, de ma copine, fières et tous bien fatigués de cette chaleur et de ce stress.
On assiste au podium de Séverine qui elle aussi signe une belle 3ème place après deux ans d’absence sur ce circuit. On pourra souligner cette année la très dure concurrence chez les femmes car de la 3ème place à la 6ème place il n’y a qu’une seconde qui différencie réellement toutes ces sportives. ça a été un beau combat et une belle journée sur tous les plans.

3e jour : Boarder

Le boarder cette année ne sélectionne que les 16 premières places du classement général. Départagés en 4 groupes de 4 riders dont seulement les 2 premiers de chaque descente sont qualifiés et cela jusqu’en final.

Quart de finale

cette fois-ci, un rider a déclaré forfait, nous ne sommes que 3 sur la ligne de départ. Les règles ne changes pas, il faut être dans les deux premiers sur la ligne d’arrivée. La stratégie sur ce circuit est d’éviter d’être premier dans le schuss pour ne pas se faire doubler à l’aspiration. J’ai donc pris un départ sans patiner trop fort, j’ai ensuite joué la tromperie en prenant la première place tout en me comportant comme si cela me gênait d’être premier. Une fois les 20/30 premiers mètres de courses passés et mon canular en place, je décide de prendre le large en plaçant une attaque en espérant que mes concurrents ne réagissent pas trop vite et que je puisse les distancer rapidement pour ne pas qu’ils prennent mon aspiration. Distance mise pour cette fois, je termine la descente en première place.

Demi finale

Prenant conscience des placements de chacun et de mes amis c’est avec regret que je tombe contre un français, Jonathan Rouffiac. Nous sommes donc partis du principe qu’il fallait travailler ensemble pour cette demi-finale.

Au meilleur des cas, nous nous retrouvons en finale ou alors, au pire des cas l’un d’eux nous deux doit être qualifié. Jonathan prend la tête, suivi de Tobias Worle, moi et Augustin Tuttseto. Profitant de l’aspiration créée par Jonathan et Tobias, Augustin et moi avons emmagasiné assez de vitesse pour les dépasser. Une fois l’écart fait, il n’a plus changé. Le sacrifice de Jonathan a marché et m’a donné le lead jusqu’à la ligne d’arrivée.

La finale

4 Participants, tous les 4 formions, la veille, les 4 meilleurs temps de ce circuit. Un pronostic impossible à donner.

Renato Pennutti et Augustin Tuttseto sont chez eux, bien préparés et avec une bonne intelligence de course sur ce circuit. Christian Montavon, quant à lui, est multiple champion du monde de boarder. Il est donc inutile d’en dire plus sur lui, il a déjà fait ses preuves et tout le monde connaît sa capacité à retourner des situations, en boarder, à son avantage.

Le départ est lancé, Renatto met en place la même stratégie que j’ai employée en quart de finale. Je ne suis pas dupe, je me place donc en 2ème position à l’affût d’une potentielle accélération. Cela ne loupe pas, Renato accélère mais cette fois-ci je ne me fais pas distancer et je reste dans son aspiration quelques mètres derrière lui, suivi, je le sais, de près par Augustin Tuttseto et Christian Montavon.

La guerre psychologique est lancée pour savoir qui de nous passera l’enfilade le premier. J’entame mon dépassement et me retrouve côte à côte de Renatto à l’entrée de celle-ci. Je le sais, il va freiner mais avec son frein tampon il ne peut pas freiner en courbe. J’en profite pour plonger devant lui et freiner dans la première courbe de l’enfilade. Je prend donc le lead, maintenant la guerre physique va commencer. Les Italiens sont très forts en relance après les virages, il ne faudra pas compter sur eux pour se laisser bloquer ou distancer dans les relances.

Première épingle, toujours en tête mais immédiatement dans la seconde épingle, je me fait dépasser par Renatto. C’est donc un chassé croisé qui aura lieu sur le reste des épingles. Je sors malheureusement troisième à la dernière épingle. Suivis de très près par Christian Montavon, qui lui aussi n’a pas pu résister physiquement aux relances des Italiens. Je me bats donc jusqu’à la ligne d’arrivée pour conserver de très peu ma troisième place.

Je fini cette journée sur une 3ème place. Je reviens d’Italie avec de bons souvenirs, des tas d’histoires à raconter et deux podiums de plus en championnat du monde.

Je remercie l’intégralité des acteurs de la descente et toutes les personnes m’ayant encouragées et soutenues pour cette année et ce championnat. En particulier ma famille, ma chérie et sa famille qui ont été tous les trois pour cette longue année de changement un support fabuleux et d’une aide précieuse.

C’est donc sur ces paroles que j’espère pouvoir vous dire à Barcelone en 2019 pour les prochains World Roller Games !

Mass Race final World Skate Championship 2018

Mass Race final World Skate Championship 2018Teolo (ITALY) awesome rece!!!

Publiée par IIDA – International Inline Downhill Association sur Mardi 7 août 2018