Il est définitivement l’un des meilleurs sprinters mondiaux. Vice-champion du monde en 2012 et champion d’Europe en 2014 sur la distance du 500m, le Valencien Gwendal Le Pivert a vu sa progression stoppée lors des mondiaux 2014 à cause d’une chute à l’entraînement. Il revient cette année avec une motivation décuplée et un potentiel intact. Il sera à Wörgl l’une des (multiples) têtes d’affiche de l’équipe de France. Interview !

Tu vas au championnat d’Europe avec un titre à défendre et un statut de favori dans les épreuves de sprint. Est-ce une pression et/ou une motivation supplémentaires ?

L’an passé, j’avais fait un championnat d’Europe incroyable, avec au bout mon premier titre de champion d’Europe, chose qui nous tenait à cœur avec mon coach. Ça avait été un championnat réussi. Donc forcément, j’aurai à cœur de réitérer mes performances. Maintenant, c’est une nouvelle année, un nouveau championnat. Ma préparation n’a pas été la même que celle de l’année passée. Ce sera également la première fois que je patinerai là-bas : je suis assez impatient d’en découdre. Je ne suis en tout cas pas favori. J’ai probablement le profil d’un outsider. Je sais ce dont je suis capable quand je patine bien. Mais pour ça, il faut que j’arrive dans de bonnes conditions, avec de la confiance, et que je réalise un bon début de championnat.

Qui sont tes principaux adversaires ?

Tous les adversaires restent dangereux en sprint, et surtout sur 500m, si on n’est pas suffisamment vigilant. Il ne faut sous-estimer aucun athlète, même si certains seront plus dangereux. Je pense à l’Espagnol Ioseba, les frères Michel et Ronald Mulder des Pays-Bas, Les Italiens ou encore Niels Provoost le Belge…

D’après toi, quelles sont tes forces ?

Pour gagner, il va falloir être en pleine possession de ses moyens. Néanmoins, j’espère pour ma part pouvoir compter sur ma glisse et sur mon analyse du 500. On sera sur une piste de 250m, donc un anneau plutôt atypique : les passages seront difficiles et peu nombreux. J’espère pouvoir compter sur mon accélération qui m’a déjà sauvé 2/3 courses.

Et plus largement celles du collectif France ?

On a la chance d’avoir un management compétent en équipe de France, sur qui on peut se reposer – je pense notamment à Alain Nègre. Cependant, même si notre sport est un sport individuel, je trouve qu’il n’est pas suffisamment mis l’accent sur le collectif. J’aimerais davantage, dans les prochaines années, qu’on puisse compter les uns sur les autres. Je pense que c’est une clef pour encore aller plus haut.

Le championnat d’Europe n’est qu’une étape, certes importante, vers le championnat du monde… Le fait qu’il ait lieu fin octobre et à Taïwan te motive-t-il ?

La préparation pour le championnat du monde reste l’aboutissement de la saison. Cette année on a décidé avec mon coach de focaliser la préparation sur ce championnat. Nous savions que celle-ci allait être semée d’embûches et beaucoup plus complexe que celle de l’année passée. C’est une chance que ce championnat soit tard : ça a permis à ma préparation de monter crescendo et de garder le cap sur un mondial tardif. Les trois mois à la suite du championnat d’Europe seront décisifs pour tous les athlètes. À la suite de ce championnat, je n’aurai plus que ça à penser et ça va clairement me libérer pour travailler ce qu’il reste à travailler jusqu’à Taiwan.