Le roller derby fait partie des pratiques du roller qui ont vite compris l’intérêt que l’on peut tirer de l’événementiel associatif. Nous sommes allés à la rencontre de Nicolas « Bravehurt » Goury pour en savoir plus sur la façon dont le club de Toulouse se finance (partiellement) à travers ses matchs…

Bonjour Nicolas, vous organisez de nombreuses rencontres où vous faites payer l’entrée. Comment fixez-vous le prix des entrées ?

nicolas_gouryLe prix d’entrée est fixé en fonction de plusieurs facteur tels que la situation et l’accessibilité de la salle, la zone de chalandise, les têtes d’affiches, les dates, etc.

Si on organise un match dans une salle qui nécessite de prendre la voiture avec un niveau régional, on ne fait pas le même tarif que pour un gros événement en plein centre ville à coté du métro avec des grosses tête d’affiches. A Toulouse, par exemple et pour le Roller Derby, nous avons fait le choix de prix bas pour que les spectateurs aient assez d’argent après être entrés pour le dépenser à la buvette ou au stand de merchandising : 4€ pour nos événements standards qu’il y ait 1, 2 ou 3 matchs. Pour des manifestations plus grandes comme la French Connection et nécessitant plus de logistique, c’est 5€ la journée et 8€ les deux jours. Là encore, c’est au choix

Avez-vous des tarifs différents selon les publics concernés ?

Pour les moins de 12 ans c’est toujours demi-tarif et pour les moins de 3 ans, c’est gratuit. C’est correct et ça permet de faire la différence, surtout quand une famille débarque. Les gamins sont souvent les plus fans du sport, bien plus que les parents.

A quoi servent les revenus générés ?

Les revenus servent à participer aux déplacements des équipes à travers l’Europe pour faire des matchs et payer les frais fixe de l’association : la location du local de stockage et le fonctionnement associatif. Nous n’avons aucun intervenant rémunéré dans l’association.

Quelle est la part de la billetterie dans le budget de fonctionnement de votre association ?

Difficile de parler sur le budget global car c’est extrêmement variable chaque saison en fonction du nombre de matchs organisés. Sur un match, la billetterie représente 45% des revenus. Attention, une billetterie implique des règles drastiques et l’absence de passe-droit. Tout le monde doit être logé à la même enseigne, que ce soit le copain de la joueuse ou le parfait inconnu. Les billetteries sont supervisées et réglementées par la direction générale des finances publiques… mais par chance les règles générales relatives aux spectacles comportant un prix d’entrée ne s’appliquent pas aux manifestations sportives. Ici, pour une facilité de gestion nous utilisons des bracelets numérotés de couleur. Ainsi chaque personne que ce soit spectateurs, sportifs, arbitres, invités, presse a une couleur et est facilement identifiable.

Quelles sont les autres sources de revenus liées à l’événementiel ? (produits dérivés, buvette)

A l’échelle d’un match, la buvette c’est 45% des revenus, les 10% restant c’est le merchandising. Sur des gros événements spécifiques, le pole buvette, si on y rajoute de la nourriture, peux représenter alors 80% des rentrées d’argent. Mais attention il faut systématiquement faire une demande l’autorisation d’ouverture temporaire d’un débit de boissons, passage obligatoire pour ouvrir une buvette.

Attention les recettes de la buvette et les recettes des association en générale ne sont pas soumises aux impôts commerciaux, par opposition aux recettes dites lucratives, qui sont soumises à déclaration et à imposition :

  • au-delà de 60 000 € par année civile, si elles sont marginales dans le budget de l’association,
  • dès le premier euro, si elles occupent une part prépondérante dans le financement de l’association.

L’association peut se trouver alors totalement exonérée de la TVA , de l’impôt sur les sociétés et de la contribution économique territoriale.

Quel est la part de ces recettes dans le budget de votre association ?

Logo Roller Derby ToulouseSi on met d’un coté les adhésions au club, les dons et le sponsoring alors les entrées payantes, le merchandising et la buvette représentent nos seules source de revenus pour financer le déplacements de nos équipes. Nous en avons 5, chacune gravitant dans une zone géographique plus ou moins grande avec un budget pour chaque voyage plus ou moins limité. Nous essayons de payer 50% de chacun des déplacement ce qui pour notre club représente plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année.

A ton avis, le système des entrées payantes peut-il s’appliquer à toutes les disciplines du roller ?

Difficile à dire. Beaucoup de disciplines sont gratuites et peinent déjà à remplir les places dans les gymnases. Pour le Roller Derby on a la chance d’avoir du monde aujourd’hui, ça sera peut être différent plus tard. Le système des entrées payantes permet à mon avis d’apporter une source de revenus non négligeable aux associations sportives tant que le prix reste bas, un peu comme si c’était une formalité et une bonne action que fait le spectateur.

Tribune libre…

Le financement par l’événementiel est complexe surtout au niveau administratif et logistique :

  • Buvette : il faut une demande l’autorisation d’ouverture temporaire d’un débit de boissons mais aussi trouver les bons produits qui se vendent.
  • Buvette avec nourriture : il faut respecter les règles sanitaires. Elles sont identiques à celles d’un restaurant. Le respect de la chaine du froid est impératif. Là aussi, il faut trouver la bonne formule entre le coût de fabrication, les contraintes et ce qui plait au public… sans parler du fait que le prix de vente doit être bas !
  • Sonorisation : ne pas oublier les droits SACEM + SPREE
  • Billetterie : il faut mettre en place une comptabilité, des ticket et/ou des bracelets… bien que nous soyons exonérés des contraintes des organisateurs de spectacles par les impôts.
  • Argent : ne pas oublier la sécurité car avoir différentes caisses nécessite un service de sécurité en cas de vol à l’arrachée.