Le 30 avril, les ligues Nord-Pas-de-Calais et Picardie vivaient leur fusion, c’est l’occasion de poser quelques questions à Philippe Manguette, président de la nouvelle ligue.

Philippe Manguette, vous êtes président de la Ligue de Nord Pas-de-Calais de Roller Sports, depuis combien de temps ?

Je termine mon deuxième mandat. Cela fait donc huit ans que je fais en sorte de défendre l’ensemble des couleurs représentées sur notre logo fédéral dans la région du Nord Pas-de-Calais.

Avant la fusion, connaissiez-vous les élus de Picardie et notamment Olivier CHASSERIAUD, président de la ligue Picardie ?

Je connaissais quelques élus, des présidents de clubs, rencontrés essentiellement lors de compétitions. Avec Olivier, nous nous sommes retrouvés à l’occasion de réunions de présidents de ligue mais j’avoue que nous n’échangeons que depuis peu de temps.

Avez-vous entamé des démarches en collaboration avec la ligue Picardie. 

 Bien entendu. Depuis septembre dernier on ne se quitte plus ! Il faut dire que sur le plan sportif, il y longtemps que la frontière entre nos régions s’est effacée, car selon les disciplines, des rencontres, des championnats sont en place et les clubs se côtoient, s’affrontent.

En ce qui concerne la fusion des ligues, nous avons créé un comité de pilotage en septembre 2015, qui s’est chargé de l’organisation de la fusion. Les choses se passent très bien depuis le début de nos échanges. Nous sommes convaincus que c’est une chance pour notre sport et pour nos régions de s’associer dans un plus grand espace, pour obtenir plus de visibilité et d’échanges, notamment de nos compétences.

Comment avez-vous associé les clubs à cette démarche ?

 Aussitôt, le comité de pilotage a tenu informé l’ensemble des clubs du processus engagé et du déroulement des opérations. Mais nous avons conscience que pour le moment, le processus de fusion est plutôt juridique et administratif que sportif.  J’ai été invité en janvier dernier à l’assemblée générale de Picardie. Ma rencontre avec les clubs picards était très intéressante et motivante.

La ligue de Picardie regroupe 16 clubs et moins de 1200 licenciés, celle du Nord Pas-de-Calais, ses 36 clubs et 2035 licenciés, comment éviter une absorption ?

Absorbée, c’est un mot affreux. Je fais en sorte de l’utiliser le moins possible en dehors des termes formalisés du traité de fusion.

Au contraire, Je sens une complémentarité évidente entre nos clubs. Tout d’abord les proportions des disciplines ne sont pas les mêmes. En Picardie, il n’y a pas d’artistique ni de rink hockey. Par contre, d’autres disciplines sont mieux représentées, la course, le roller hockey. Puis le free style dans une moindre proportion eu égard au nombre de licenciés.

Je dirai donc que notre future grande ligue sera, à terme, supérieure à la somme des deux ligues d’aujourd’hui.

Alors que les financements publiques baissent, cette réunion permet-elle de constituer un bas de laine pour vos projets futurs? 

Le bas de laine est nécessaire surtout dans notre région froide. Il existe. Mais je ne suis pas certain que les subventions de l’Etat soient en baisse, nous concernant, c’est-à-dire pour le roller sports. Car c’est à nous d’apporter un autre éclairage de notre sport vis-à-vis des instances locales et régionales. La ligue Nord Pas-de-Calais continue d’être en phase de développement et de recrutement. La progression des clubs, de l’encadrement, doit passer par la professionnalisation, vecteur soutenu par l’Etat. Je ne vois pas de raison que ça change avec l’agrandissement de notre ligue.

Quels sont, pour vous, les plus gros chantiers à mener en Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?

Je regrette que les comités départementaux de roller sports ne soient pas tous actifs. Ils sont un relai important pour leur zone géographique respective. Ils doivent être proches des Conseils Départementaux, pour contribuer à la mise en place de la politique sportive. Actions dans les collèges, achat de matériels pour mise à disposition des clubs, formation des bénévoles, manifestations sportives, journées olympiques avec les CDOS, sport au féminin sont autant d’actions soutenues par les Comité Départementaux, et qui nous font défaut aujourd’hui. Je pense que nous aurons tout à gagner en multipliant les actions de démonstrations dans les villes où nous sommes peu présents. La communication sera donc un levier incontournable.

Comment appréhendez-vous la relation de proximité avec les clubs dans une région à la superficie doublée?

C’est un problème en effet. La zone sud du territoire est étendue et les lieux de pratiques ne sont pas nombreux, de ce que j’en sais à ce jour. Je pense qu’il faudrait s’appuyer sur le Conseil Régional élargi et les Conseils Départementaux pour nous accompagner, peut-être nous montrer la voie du développement.

Je suis vice-président de la Maison Régionale des Sports de Villeneuve d’Ascq et je sais que beaucoup de mes confrères présidents de ligues régionales se posent les mêmes questions. C’est probablement en mutualisant les moyens et les infrastructures que nous progresserons.

Quel est l’impact sur l’organisation des sports, est-ce que vous voyez des points de blocage?

Aucun point de blocage. Probablement des difficultés pour certaines disciplines, comme l’artistique qui sera difficile à développer loin de nos bases actuelles que sont les clubs de la métropole lilloise.

Objectivement, je sais aussi que la difficulté réside dans le manque de bénévoles. Pour développer une discipline, pour créer un nouveau club, il faut des bonnes volontés. Elles sont trop rares.

Par ailleurs, pour nos disciplines bien installées sur le territoire, telles que le roller hockey, la randonnée ou la course, puis le derby qui s’installe à grande vitesse, je ne suis pas inquiet.

 

Merci Philippe, félicitation pour votre réélection et bonne chance pour la mise en oeuvre de votre projet!

 

OlivierChasseriaudQuelques mots d’Olivier CHASSERIAUD
président de l’ancienne ligue Picardie

Bien que voisin, on ne se connaissait pas avec Philippe, chacun était dans sa région. Nous avons fait connaissance à l’AG d’août 2015, c’est à partir de ce moment là que nous avons initier notre collaboration.
Le schéma à retenir était assez évident étant donné les obligations de chacun. Nous nous sommes mis d’accord sur un chemin qui est celui de l’intérêt de tous.

Nous avons réussit notre fusion aujourd’hui en utilisant les points fort de chaque région, nous avons mis en commun pour faire plus, pour faire mieux.  Etant très engagé dans le Roller Hockey, il me paraissait évident de prendre en charge la commission. J’ai suggéré à Philippe de prendre la tête d’une liste commune. S’engager dans un combat de liste n’aurait pas été profitable pour nos clubs.

Dans la phase de pilotage, on était comme deux copains à la récré, animé par la réussite de la fusion. 

Ce que je faisait auparavant au sein de la ligue Picardie, je le ferai au sein de la nouvelle ligue. En effet, en tant que membre de la liste, je serrai et pour toute les disciplines, un relais géographique. Expert comptable, j’ai également une licence en ressources humaines et en formation, j’espère continuer à apporter mes compétences au service du Roller.