Alors qu’il courait après la consécration mondiale depuis près de 5 ans, Nolan Beddiaf est enfin parvenu à décrocher son premier titre en individuel à l’occasion des courses des World Roller Games 2017. Une libération et une consécration pour lui après une année difficile suite à la perte de son père et à une double fracture du poignet.

Bonjour Nolan, peux-tu nous raconter la course qui t’a permis de décrocher le titre ?

Sur le 20km à élimination, j’étais aligné seul suite à la disqualification de Timothy Loubineaud sur piste. Cette sanction a obligé Timothy à purger sa course de suspension sur route.

J’ai pris le départ de cette course avec comme objectif minimum de monter sur le podium. Une fois dans la course j’avais vraiment de très bonnes sensations. J’avais l’impression d’être au dessus de moi et d’avoir une vue panoramique de la course et de rien louper, ce qui m’a permis de contrôler et d’arriver frais dans les derniers tours. Ensuite, l’argentin a lancé le sprint de très loin, ce qui m’a permis de l’utiliser comme point de mire mais aussi de m’en servir comme un plot dans le dernier virage. Ainsi, j’ai pu prendre 5 m d’avance sur le Colombien qui n’a jamais réussi à refaire son retard, et c’était le titre !

"Un sentiment intense et un soulagement d'avoir ce titre après toutes ces années en équipe de France."

Mon titre sur le marathon c’est le plus important du roller… mais pour celui-ci, à l’inverse de l’élimination, j’ai eu une équipe formidable à mes côtés ! Ils ont mis toutes leurs forces pour ramener le peloton sur les échappés et avoir un sprint, chose que j’affectionne secrètement ! Je suis devant à 300 m après qu’Elton de Souza m’a ouvert la route. A 50 m de l’arrivée, je sais que je vais gagner, je m’applique juste à lancer mon patin pour assurer la victoire !

Qu’est-ce que ton titre a changé dans ta vie ?

Personnellement, une fierté énorme de faire partie du peu d’élus qui ont la joie d’être champions du monde. Mis à part ça, rien, je reste le même. C’est le regard des gens qui a changé.

Est-ce que ça t’a permis d’être approché par des sponsors ?

Pour le moment non, je n’ai pas été approché par une grande marque du roller, mais je fais déjà partie de l’une d’entre elles (EOSKATES) alors c’est plus compliqué d’être approché. Après, je recherche chaque année des soutiens matériels et/ou financiers contre publicité sur les réseaux sociaux. Mais à cette heure, je ne peux pas dévoiler mes différents contacts.

Quelle expérience retires-tu de ces premiers Roller Games ?

Ce que je retiens, c’est que le roller est une belle et grande famille qu’il est important de réunir lors de cet événement qui va devenir plus important au fil des éditions ! Je pense que les disciplines doivent s’inspirer les unes des autres pour développer le roller en général, un patineur qui n’aime pas la course ou le hockey va peut être aimer le rink ou l’artistique, mais tant qu’il fait du roller c’est le principal ! 

Quelle est la photo qui illustre le mieux ta saison et pourquoi ?

C’est l’arrivée du 20 km à élimination au Championnat du monde. Cette photo représente la consécration après une année compliquée sportivement et personnellement. C’est aussi la rage car cette victoire c’est la mienne sans aide et après toutes ses années où j’ai attendu mon heure !

Y-a-t-il un proverbe dans lequel tu te reconnais ?

 » Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais » Oscar Wilde.

Parce que cette année c’était de la folie à tous les niveaux, et quand je regarde en arrière je me dis que c’était peut être ce petit grain de folie qui manquait pour arriver à tous ces titres ! Cette phrase est récente pour moi et je la dois à ma femme. Je la remercie pour tout ce qu’elle fait.

As-tu un gri-gri / un porte-bonheur ? Si oui, lequel ?

Non pas de gri-gri ni porte bonheur seulement une routine que je réitère avant les courses. L’échauffement, l’enfilage des rollers et de la combinaison, le moment de la chambre d’appel… Après, en Equipe de France, j’ai toujours le même tee-shirt depuis que je suis senior, mais je ne suis pas superstitieux ! 

Tes objectifs pour la saison 2018 ?

En 2018, j’aimerais redevenir champion du monde du marathon, et gagner un titre mondial ou européen sur piste. Ensuite, J’aimerais profiter de chaque marathon puisque je vais courir avec le maillot de champion du monde. C’est un honneur, et je voudrais gagner quelques marathons avec! 😉