Après le Trophée des 3 Pistes, qui symbolise le début de la saison 2015, nous sommes allés à la rencontre de Marie Poidevin.

En 2014, la Bretonne avait décliné la sélection tricolore pour le championnat d’Europe, estimant n’être pas à son meilleur niveau. Cet hiver, elle a choisi de s’envoler vers Kaohsiung (Taiwan), où aura lieu le championnat du monde en novembre prochain, pour se relancer vers les sommets. La double championne d’Europe du marathon Junior (2012 et 2013) aborde les premières courses avec un état d’esprit revigoré ! La preuve : elle vient de terminer sixième du général aux 3 Pistes !

« Cette saison est comme un recadrage »

Bonjour Marie. Comment s’annoncent les premières échéances de la saison pour toi ?

La saison s’est lancée il y a peu, après 8 mois sans prendre de départ. Bien que le niveau soit élevé en Coupe d’Europe, les premières courses servent à faire un point sur mon niveau, à la sortie de l’hiver. Ma préparation était complètement différente des cinq années précédentes. Je cherche donc à cibler mes faiblesses, repérer les points en progression… Et mon coach [NDLR Rémi Hubert] m’aide à ne pas faire de conclusion trop hâtive.

Cet hiver, tu es partie plus d’un mois à Taiwan, pour la deuxième fois en deux ans. Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Taïwan ! Pendant ces excursions, le choc culturel est probablement ce qui m’attire le plus : le mode de vie, la gastronomie, le climat et les paysages… Les locaux sont très avenants et beaucoup aiment partager leur quotidien. Côté roller également, leur patinage (que je trouve beau et efficace) et leur façon de courir se démarquent.

Comment est considéré le roller de vitesse à Taiwan ?

Notre sport est bien récompensé là-bas. Il y a très peu de courses pendant la saison (d’où leur difficultés stratégiques ou en peloton à mon avis). Cependant, en Asie, c’est un système de « Big Event ». Par exemple, tous les 3-4 ans, ils vont organiser une compétition avec d’immenses moyens pour les structures, les médias, le public… Les athlètes qui performent sur ces compétitions, ou au Jeux Mondiaux et aux championnats du monde, sont reconnus par les médias et bien récompensés financièrement.

« Je suis proche des patineurs de Kaohsiung »

Un petit mot sur tes amies taiwanais, qui seront peut-être aussi tes concurrentes lors des prochains championnats du monde…

Je suis proche des patineurs de Kaohsiung, un des plus gros clubs de Taïwan. Ils m’impressionnent par leur état d’esprit. Là-bas, j’avais l’impression de pratiquer un sport d’équipe. Ils sont toujours ensemble, souvent en dehors des séances. C’est une ambiance club, mais à haut niveau (les parents assistent à l’entraînement et mangent sur place…). Les athlètes comme le coach font de leur mieux pour faire comprendre leur méthode, alors que je représente un pays concurrent. Les sélections nationales sont très compliquées à Taïwan. Il y a une rivalité forte entre les clubs, où malheureusement les intérêts politiques et économiques interviennent, puisque ce sport est largement soutenu par le gouvernement.

Avant d’en arriver à une éventuelle sélection, il faudra en passer par de nombreux rendez-vous. Quels sont les atouts que tu as mis de ton côté cette saison pour y arriver ?

Cette saison est comme un « recadrage »… Depuis l’été dernier, tout mon environnement a changé. Mon entourage aussi : de nouvelles personnes m’accompagnent sur divers points. En fait, je cherche enfin à m’amuser tout en prenant les clés de ma préparation au sérieux.

Et bien merci Marie et à bientôt sur les courses !

Marie_Gujan