« Etre entraineur est plus usant qu’être patineur »

interview_helene_le_sabazec_01Ce sont les femmes et les hommes de l’ombre, sans qui les performances des champions qu’ils suivent seraient certainement moindres. Elles et ils sont là pour guider, conseiller, encourager, faire progresser et apporter le petit plus qui fera la différence… Direction le Nord-Est de la région parisienne et le club de l’USM Villeparisis, où Hélène Le Sabazec officie après avoir été patineuse elle-même. Ces dernières années, sous ses auspices, de jeunes patineurs ont grandi dans le roller de vitesse, à l’instar de Damien Noury, aujourd’hui membre de l’équipe de France. Laissons la parole à celle qui ne lâche jamais rien et qui est à 200% derrière ses athlètes.

Crédit photo : Nathalie Dictus

Bonjour Hélène ! On peut considérer que la saison 2015 en est à ses deux tiers, mais il reste encore quelques objectifs importants dans les mois qui viennent. Aujourd’hui, quel bilan tires-tu de cette saison pour tes patineurs ?

Pour le moment, les résultats sont ceux attendus, même si on espère toujours plus. Le travail à l’entraînement est assidu avec un travail régulier on arrive à faire avancer un groupe.

Quels sont tes motifs de satisfactions personnels sur cette première grosse partie de saison ?

La satisfaction première c’est forcément les résultats positifs des enfants, mais surtout c’est de les voir s’amuser dans ce qu’ils font. Lorsqu’on les voit revenir la saison suivante, c’est une satisfaction personnelle : tu te dis que tu n’es pas là pour rien s’ils reviennent. Et puis c’est une fierté de les voir porter les couleurs de la France. Pour les petits comme pour les grands, c’est aussi la joie de les voir monter sur les podiums. Leur fierté de porter nos couleurs est également une satisfaction.

Est-ce que tu vois des choses à améliorer ou à changer d’ici à la fin de la saison ?

Il y a toujours des choses à améliorer, notamment avoir un effectif grandissant et surtout un effectif de qualité. Après, les attitudes, c’est du cas par cas en fonction des enfants.

A titre personnel, cela fait combien de temps que tu entraînes des patineurs et comment est venue cette vocation ?

J’entraîne depuis 2005, tout d’abord l’école de patinage puis le groupe course. On m’a tout simplement proposé le poste. Je me suis effectivement servie de ma propre expérience puis, avec le temps, il faut s’adapter aux évolutions. On ne s’entraîne plus comme moi je m’entraînais. Les programmes de course changent donc tu adaptes les séances.

« C’est un travail qui occupe toute l’année, toutes les vacances… »

On a tendance à ne voir que les aspects positifs de la « fonction » d’entraîneur, à savoir les victoires et les podiums. On oublie parfois que c’est un travail de fond…

Il est clair que c’est un travail qui occupe toute l’année, toutes les vacances… Il y a des moments, il faut se motiver avec la météo capricieuse, mais nous pratiquons un sport d’extérieur, donc on s’adapte. Par amour du sport, on le fait et on est tellement content après l’avoir fait et si en plus, il y a des résultats derrière : alors, ce n’est que du bonheur. Et puis on vit de bons moments après sport avec les parents, qui motivent aussi !

Quels sont les athlètes les plus « faciles » à coacher ? Et les plus « difficiles » ?

Pour ma part, je considère que les garçons sont plus faciles à coacher car ils sont en compétition permanente avec les autres et avec eux-mêmes. Pour les filles, il faut toujours être derrière, elles sont là aussi pour les copines… Il y a moins cette notion de compétitivité je trouve, même s’il existe toujours des acharnées !

Quels sont les objectifs ou les rêves qu’il te reste à accomplir dans ta carrière d’entraîneur ?

J’aimerais emmener un athlète jusqu’au championnat du monde, mais aussi voir ceux que j’ai entraîné tout petit prendre ma place !

Qui sont tes meilleurs soutiens ?

Les parents d’athlètes avec qui tu te familiarises, mais aussi le club et les anciennes patineuses.

Quel message voudrais-tu leur faire passer pour conclure ?

Etre entraineur est plus usant qu’être patineur car pour le patineur, le stress d’avant course est évacué une fois le départ donné. Or, un entraîneur garde tout dans les cuisses et passe souvent à un nouvel athlète, mais on élimine jamais cette pression…

Merci Hélène et bonne fin de saison !

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