Sur le tracé particulièrement technique et pentu des World Roller Games 2017, la française Emilie Sadoux a remporté son premier titre mondial en descente, à Nankin, l’été dernier.

Bonjour Emilie, Peux-tu nous raconter la course qui t’a permis de décrocher le titre ?

Ce fût la course la plus incroyable et la plus inoubliable de toute ma carrière sportive… 9 septembre 2017, 10h00, je suis plus que prête et je n’attends que ça ! … je n’ai rien laissé au hasard, tout est calé, rien ne dépasse de ma tenue et le tracé, c’est bon, je le connais par cœur.
Persuasion positive, je suis intimement convaincue que je ne peux pas passer à côté ! C’est mon jour !

C’est poussée par toute ma famille, mes amis, le collectif de l’équipe de France dont Thomas Boucher et bien sûr surtout Mathieu BRICHET mon compagnon avec qui je partage tout que je prends le départ…. Je me parle tout au long de la course, ça va très très vite, je reste lucide et concentrée et je suis incroyablement calme.. Doyenne oblige, je dois montrer l’exemple et je le sens, les bonnes ondes sont là !

Surtout, ne pas faire d’erreur ! Et enfin, je passe la ligne et après quelques secondes d’attentes après l’arrivée de l’Italienne, c’est bon, je l’ai fait ! Il faut d’ailleurs à Emilie Boutillot me répéter plusieurs fois : « c’est bon… t’es première… » Jusqu’à présent je me suis toujours satisfaite des 2èmes et 3èmes places et je m’étais aussi préparée à ces places éventuelles mais là pour mes 2 amours d’enfants, je me suis dit : Hé bien non, aujourd’hui ça sera toi sur la plus haute marche ! 

Qu’est-ce que ton titre a changé dans ta vie ?

Un comité d’accueil à l’arrivée, une réception digne d’une grande championne dans mon village de Serraval et au travail, une banderole à mon effigie, ma combinaison en place d’honneur dans la salle du conseil municipal de Serraval, quelques autographes, des reportings dans les classes de mes enfants, sollicitation à la télévision, radio et journal, des messages plein les réseaux sociaux et surtout le meilleur, une reconnaissance dans ma vallée des Aravis, traditionnellement tournée exclusivement vers les champions de ski.

Est-ce que ça t’a permis d’être approchée par des sponsors ?

Pas pour le moment mais ce n’est pas du tout une priorité. Je pratique avant tout ce sport par passion et je trouve bien pour le moment de ne pas avoir de lien avec des sponsors… Mais mes perspectives vont sans doute être différentes avec Barcelone et la remise en jeu de mon titre.

Quelle expérience retires-tu de ces premiers Roller Games ?

Ce fut un magnifique voyage, la première fois que je partais aussi loin de ma vie avec Mathieu, mon compagnon, une sorte de lune de miel, on était tellement heureux de vivre ça à deux ! Sinon, bien sûr, très belle aventure partagée avec tous les membres de l’équipe de France. Humilité et dépassement de soi-même auront été mon leitmotiv.

Quelle est la photo qui illustre le mieux ta saison et pourquoi ?

J’ai choisi naturellement une photo de la Chine où je rayonne avec Mathieu et mes 2 médailles… Un moment stratosphérique !

Y-at-il un proverbe dans lequel tu te reconnais ?

« Si tu peux le rêver, tu peux le faire »

J’aurais aimé vous citer un proverbe du grand Confucius, clin d’œil du temple que nous sommes allés visiter à Nanjing mais finalement, c’est un proverbe de Walt Disney qui me qualifie car pour moi le plus important c’est de montrer à mes enfants et aux jeunes qu’il faut toujours y croire.

As-tu un gri-gri / un porte-bonheur ? Si oui, lequel ?

Mon grigri : c’est mon homme ! Mathieu. Et j’ai de la chance, il vient toujours sur les courses avec moi. Il a terminé 6ème de ces Rollers Games.

Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ?

Me qualifier pour les prochains Roller Games à Barcelone (Espagne), continuer à faire partie de l’équipe de France et faire des podiums en coupe du monde, améliorer encore ma technique, mon matériel et ma condition physique.