En terminant deuxième du classement des nations européennes derrière l’Italie, l’équipe de France de roller de vitesse a été à la hauteur de son rang. En Autriche, les fers de lance de cette équipe ont montré la voie et les jeunes pousses ont prouvé qu’elles étaient prêtes à prendre la relève. L’Equipe de France revient de Wörgl et d’Innsbruck avec une belle moisson de 51 médailles. Pas moins de 17 titres toutes catégories confondues sont tombés dans l’escarcelle des Bleus…

 Une équipe de France Senior de niveau mondial chez les hommes

 Certes, un championnat d’Europe n’est pas un championnat du monde. Pourtant, les Bleus, menés par leurs chefs de fil Alexis Contin et Ewen Fernandez, ont encore une fois montré la voie qui mène aux titres et aux médailles face à une concurrence de très haut niveau. Avec en face d’eux des clients comme Bart Swings (Belgique), Fabio Francolini (Italie), Patxi Peula (Espagne) ou encore les deux jumeaux olympiens Michel et Ronald Mulder (Pays-Bas), il était nécessaire de se surpasser.

Sur le plan comptable, Alexis Contin revient d’Autriche avec deux titres en poche, l’un acquis sur la course à élimination piste et l’autre avec le relais composé d’Elton et de Darren De Souza. Le capitaine des Bleus s’est de plus offert plusieurs accessits, notamment celui du 1000m piste, montrant qu’il était toujours aussi dominateur dans les efforts longs et dans les courses intenses.

Ewen Fernandez, la deuxième tête d’affiche de l’équipe de France, est arrivé blessé en Autriche et obligé de courir avec une atèle à l’avant-bras droit. Ce handicap ne l’a pas empêché d’effectuer un impressionnant travail de coéquipier sur la piste, puis de passer « leader » sur le circuit routier et le marathon. Résultat : une place de vice-champion d’Europe du 42km, acquise derrière le Belge Bart Swings.

Un sport individuel qui se pratique en équipe

Le roller de vitesse est un sport individuel qui se pratique en équipe, à l’image du cyclisme par exemple. Rien ne saurait mieux le démontrer que les titres empochés par Elton De Souza (500m piste, relais) ou encore Gwendal Le Pivert (500m route) lors de ces championnats d’Europe. Tous les deux ont été tour à tour « coéquipiers » puis « leaders » selon les courses. Au passage, Elton aurait certainement dû bénéficier d’un autre titre dans la course à élimination sur route… Une réclamation des Belges l’en auront privé.

Là où d’autres nations n’arrivent à « sortir » qu’une star par niveau chez les Seniors, la France en place quatre ou cinq. Sur les sept Seniors hommes que comptait la sélection, tous sont revenus avec au moins une médaille autour du cou. Darren et Edwin De Souza ont brillé sur les épreuves de vitesse alors que Nolan Beddiaf a été impeccable dans la course de clôture qu’est le marathon, terminant à la troisième place. Bravo à tous !

Un petit bémol cependant : malgré leur engagement inconditionnel, les Seniors femmes ne sont pas parvenues à aller décrocher un podium. Il faudra encore quelques championnats internationaux pour que cette équipe très jeune, qui se renouvelle, trouve ses marques et aille prouver sa valeur. C’est tout ce qu’on leur souhaite évidemment. A leur décharge, leurs concurrentes sur la scène internationale sont aussi d’un niveau mondial, en témoigne l’Italienne Francesca Lollobrigida, sept fois championne d’Europe et plusieurs fois titrée sur le plan mondial ces trois dernières années. Mais il faudra bien que la roue tourne et que des patineuses de talent comme Clémence Halbout convertissent leurs quatrièmes places – elle en a obtenu cinq lors de ce championnat – en médailles sonnantes et trébuchantes !

Avec les Juniors, la relève est assurée

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Dans les autres catégories (Juniors A et B), les Français ont aussi brillé. Le travail de formation des entraîneurs de clubs ainsi que des Pôles régionaux et de la DTN n’y est certainement pas pour rien. Timothy Loubineaud s’est révélé dès sa première année chez les Juniors A (U19) : il est devenu double champion d’Europe individuel (10km à points/élimination piste et course à points route) et champion d’Europe par équipe sur piste (avec ses compères Quentin Giraudeau et Mathieu Guilbert). Quentin Giraudeau, double champion du monde en 2014, s’octroie également un titre sur la distance du kilomètre sur la piste de Wörgl. Dans la même catégorie, le sprinter Thomas Dambrun est passé très près de l’or à trois reprises : sur le 500m piste (troisième), sur le 500m route (deuxième) et sur le relais sur route (deuxième avec Jonathan Bach et Mathieu Guilbert).

Un grand bravo aux Juniors femmes A, qui reviennent avec moins de médailles certes, mais qui sont elles aussi en phase d’apprentissage. Charlotte Frouin est devenue vice-championne d’Europe du marathon dimanche et vice-championne du relais sur piste avec ses coéquipières Marine Lefeuvre et Chloé Michel.

Pour finir sur une très bonne note, l’équipe de France des Juniors B (U17) nous en a mis plein les yeux également ! Les cinq Juniors B hommes sont revenus avec au moins un titre chacun : ils ont dominé quasiment toutes les courses, à trois ou quatre exceptions près. Martin Ferrié, pour n’en citer qu’un, a gagné sept médailles, dont trois en or. Les Juniors femmes B sont revenues bronzées : que ce soit Chloé Geoffroy (300m piste et 500m route), Myriam Talloussi (5000m à points route) ou encore Mélanie Lizé (élimination route), les trois Bleuettes sont allées concrétiser un gros travail d’équipe pour les mener jusqu’au podium.

Une équipe de France ne serait pas ce qu’elle est si elle n’était composée que des athlètes sélectionnés. Le corps médical, les officiels ainsi que les entraîneurs et la DTN y sont pour beaucoup dans la réussite de tous et dans les performances de chacun. Ce n’est que le début d’un chemin qui doit mener les Bleus jusqu’à Kaohsiung, à Taiwan, en novembre prochain. Rendez-vous donc très bientôt pour de nouvelles (belles) aventures !

Crédit photo : Neeke Smit